Samovar: machine à chauffer l’eau ou symbole de la vie russe

Un samovar est la chose russe la plus nécessaire dans toutes les catastrophes et les malheurs, particulièrement terribles, soudains et excentriques.

Fiodor Dostoïevski

Le samovar самовар (mot formé de самsoi-même et варитьcuire, faire bouillir) est une sorte de bouilloire traditionnelle à robinet en cuivre, en étain, en argent et maintenant en inox.

Les vrais connaisseurs du thé notent que ce n’est qu’avec un samovar que vous pouvez faire un vrai thé. L’eau bouillante d’un samovar est plus douce et plus savoureuse que celle d’une bouilloire, et est considérée comme plus saine: le robinet du samovar est au-dessus du niveau d’accumulation d’eau lourde avec des sédiments, et toutes les impuretés restent au fond. De plus, l’eau bout plus rapidement et se refroidit plus lentement.

L’eau bout (кипит) grâce à une cheminée intérieure contenant des braises, au-dessus de laquelle se trouve au chaud une théière (чайник) contenant une infusion presque noire de thé (заварка), que la maitresse de maison (хозяйка) dilue dans l’eau de samovar. On prend souvent un thé très fort (крепкий) accompagné de confitures à base de baies (варенье) et de gâteaux secs (печенье)

Pour allumer un samovar, on utilisait des copeaux de bois. Les pommes de pin ont toujours été considérées comme le meilleur carburant: elles brûlent rapidement, et donnent au thé un goût et un arôme agréables. Avec l’arrivée de l’électricité, le système de chauffage de l’eau du samovar est passé à la «traction électrique», les samovars sont devenus des appareils électriques, mais ont conservé leur apparence et leur fonctionnalité.

histoire samovar thé russe peintres art

Aujourd’hui, les samovars les plus connus sont fabriqués dans la ville de Toula (Тула), au sud de Moscou.

Les chercheurs notent trois endroits qui revendiquent le titre honorifique de la patrie du samovar russe:

  • les usines de Lisitzyn à Toula,
  • les usines des Demidov (territoire moderne de Perm) et
  • l’usine Irginsky (la région d’Ekaterinbourg).

À la même époque (au milieu du XVIIIe siècle), des objets similaires étaient connus en Angleterre. Ils s’appelaient « tea urns » ou « tea vessels« . Le samovar russe donc, a un concurrent, et il est difficile de dire qui a emprunté l’idée d’une telle méthode de chauffage de l’eau pour le thé et si elle a été emprunté ou non.

Parmi les samovars les plus chers, il y a ceux en argent et en or, créés dans les ateliers de Karl Fabergé au XIX siècle.


Le thé au soir fut servi à tous les passagers, et les samovars chauffés à outrance versaient incessamment leur eau bouillante sur l’infusion concentrée. C’était pour nous un spectacle curieux de voir des gens de la plus basse classe, et dont l’extérieur ressemblait à celui de nos mendiants, savourer cette boisson délicate et parfumée qui est encore une élégance chez nous, et que de blanches mains versent dans les réunions du monde. La manière de boire le thé est de le faire refroidir un instant dans la soucoupe et de l’avaler en tenant entre les dents un petit morceau de sucre qui édulcore suffisamment le breuvage pour le gout russe, se rapprochant au cela du gout chinois.

Théophile Gautier « Voyage en Russie » (1867)



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