Différences culturelles. Les affaires avec les Russes.

Retrouvez ici quelques observations sur les différences culturelles et linguistiques et des conseils qui vous permettront de mieux comprendre les Russes, leur culture, et d’avoir une collaboration efficace et pour éviter des malentendus.

Langue, culture, commerce et affaires

Nous savons tous par expérience personnelle qu’il arrive parfois de ne pas pouvoir être d’accord ou tout simplement communiquer avec des collègues, des voisins ou des proches. Et la langue commune n’aide en rien et ne garantit pas «l’efficacité» de la communication. Cela nécessite également une connaissance des normes culturelles des interlocuteurs: vision du monde, mentalité, système de valeurs, mode de vie, habitudes. Un obstacle culturel est suffisant pour empêcher les gens de communiquer entre eux.

La barrière culturelle est plus dangereuse que celle de la langue, car elle se cache derrière la confiance que sa culture est la seule juste et «normale». L’ethnocentrisme est une particularité de presque toutes les cultures. Ainsi, les erreurs culturelles provoquent une réaction plus négative que les erreurs linguistiques, et leurs conséquences vont de petites offenses personnelles à des ruptures de relations diplomatiques.

Difficultés et erreurs

Lors de l’établissement de contacts internationaux dans le monde des affaires, la première difficulté est la manière de s’adresser aux gens. Les formes sont différentes selon le pays. Dans les situations officielles, en Chine, au Japon, à Taiwan, à Singapour, en Hongrie, on s’adresse aux gens par  leur nom de famille. Au Brésil et au Portugal, il est courant de s’adresser par un prénom, mais avec l’ajout d’un titre (si la personne se prénomme Pedro, on dira Senior Pedro). Aux Philippines, au Mexique et en Italie, le titre de la profession est généralement ajouté au nom (architecte Tee-hankee, avocat Garcia, ingénieur Savinelli).

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En Russie, on se présente par un nom de famille, mais ensuite, la forme respectueuse est le prénom avec le patronyme. Sous l’influence occidentale, les milieux d’affaires russes renoncent parfois au patronyme. La question господин ou товарищ n’existe plus. Товарищ (camarade) est devenu pratiquement obsolète et господин (maitre) est utilisé de manière exagérée dans les cercles « d’élite ».

La connaissance non seulement de la langue, mais aussi de la culture d’un autre pays dans le domaine des affaires ne peut être surestimée. La moindre négligence entraîne de grandes pertes, surtout matérielles.

  • Pendant plusieurs années, une grande entreprise brassicole a diffusé en Europe occidentale une publicité avec un homme vêtu d’un costume irlandais, et portant un chapeau vert. La publicité a bien fonctionné: si les Irlandais (qui sont considérés en Europe comme des connaisseurs de bière) adorent la bière de cette marque, cela signifie qu’elle est vraiment bonne – c’était le sens de la publicité. En essayant d’entrer sur le marché de Hong Kong, la société a utilisé la même publicité, éprouvée et apparemment fiable. Mais les ventes ont échoué et l’entreprise a subi des pertes financières… Comme il s’est avéré plus tard, selon les traditions locales, un homme au chapeau vert signifie un cocu.
  • La maison de mode de l’une des principales villes russes a présenté sa nouvelle collection à une foire en Asie. Même si les modèles semblaient être appréciés. rien n’a été acheté. Pou cause: la finition des modèles avait été faite en blanc, ce qui dans les pays de l’Aie de sud-est est considéré comme un symbole de deuil.
  • L’un des célèbres fabricants des pneus fait la publicité de ses produits dans chaque pays différemment. Au Royaume-Uni, il suffit de représenter une voiture avec un signe distinctif de la marque sur un pneu et d’élégants gentleman et lady à l’arrière-plan. Pour les Pays-Bas, une telle publicité serait indéchiffrable: il aurait fallu compléter par des phrases écrites en gros disant que les pneus de cette marque sont les meilleurs au monde. Aux Philippines, on dit voir dans la voiture une douzaine de personnes présentant une grande famille amicale. Au Brésil, mieux vaut accompagner la publicité  d’une blague.

Le journal britannique « Financial Times » dans un article « Breaking the Language Barrier » (octobre 2016) a cité des faits intéressants:

  • 49% des entreprises exportatrices étaient confrontées à des barrières linguistiques et culturelles et
  • 12% d’entre elles ont cessé d’exister en raison de ces barrières.
  • Seulement 13% des entreprises avaient au moins une stratégie linguistique et culturelle,
  • la plupart (83%) ayant recours à des traducteurs.

Un professeur de linguistique et consultant auprès du ministère du Commerce et de l’Industrie du Royaume-Uni a souligné dans cet article que « le seul obstacle au développement des exportations est le manque de compétences linguistiques et culturelles ».

Spécificités russes

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Il y a beaucoup de préjugés et de mythes associés à la Russie et son peuple. La majorité vient de l’incompréhension de sa mentalité, différenciée de la culture occidentale par sa géographie et son histoire.

La mystérieuse âme russe déroute de nombreux étrangers. Le lieu de travail en Russie est comme une résidence secondaire. Les problèmes importants se résolvent non pas derrière des ordinateurs, mais dans un fumoir ou autour d’une tasse de thé. Cette manière des Russes de boire du thé au travail plusieurs fois par jour, perdant un temps précieux, a déjà rendu fous plusieurs dirigeants étrangers.

De grosses erreurs de management dans la sélection de personnel ont été faites à Moscou par des sociétés du Japon et de Corée, spécialisées dans l’électronique. Les asiatiques, à l’entretien d’embauche, parlent honnêtement de leurs habilités et défauts. Comment les Japonais pouvaient-ils savoir que l’intelligentsia russe aime faire des réflexions philosophiques: « Est-ce que je pourrais? Et si je ne peux pas? ». Mais les crétins pétulants ont toujours confiance en eux-mêmes. Ce sont ces derniers qui ont été embauchés. Il y a déjà eu des cas où des entreprises japonaises ont dû changer complètement le personnel de bureaux.


Formation spécialisée pour les entreprises

La connaissance de la grammaire et du lexique da la langue étrangère, qui a demandé tant de temps et d’efforts, n’est pas une garantie de succès dans la communication et dans les affaires. Cela nécessite la connaissance de la culture des partenaires, de leurs traditions, valeurs et perception du monde. Mais aujourd’hui encore, les programmes d’enseignement de langue russe sont axés principalement sur la manière de se comporter dans un magasin ou dans la rue. Les connaissances sur la culture se limitent à des informations sur sa littérature, ses monuments culturels ou la cuisine nationale, et les enseignants évitent de parler ouvertement aux étrangers des aspects négatifs de la vie moderne en Russie.

Suivre une formation spécifique reste le meilleur moyen pour se renseigner sur les différences culturelles et établir des stratégies efficaces de communication afin d’éviter les malentendus. Cette formation vous aidera aussi à obtenir des réponses aux questions qui tourmentent souvent les étrangers:

  • quel est l’équivalent de Monsieur / Madame et comment s’adresser à une personne que l’on ne connait pas; avec qui utiliser les patronymes, et les prénoms-diminutifs;
  • quels sont les règles du tutoiement et du vouvoiement en Russie;
  • serre-t-on la main aux femmes russes?
  • peut-on demander « Comment ça va? » à son chef;
  • quelle est la distance à respecter lors d’une communication?
  • quels gestes français peuvent être mal interprétés en Russie?
  • quelles normes liés à la grammaire de chaque langue peuvent choquer les collègues étrangers ?
  • et, enfin, pourquoi les Russes ne sourient pas?